ITW#10 Thomas Huriez de 1083 est un acteur incontournable, généreux, visionnaire : c'est le Made in France d’aujourd’hui et de demain!

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Thomas a fait ses études dans l’informatique avant de changer pour du commerce en alternance. 

Ayant grandi à Grenoble chez ses parents mais très attaché à la maison de ses grands parents dans l’Isère il s’y installe car personne n’y vit. La maison voisine donnait sur un ancien camp militaire qui est devenu marque avenue un centre de magasin d’usines. Une envie d’entreprendre s’est vite fait ressentir il décide de transformer cette maison en magasin.

« Je voulais du sens dans mon boulot donc faire de la mode éthique ».

Il a commencé par un dépôt vente multi-marques avec des fins de séries de marques éthiques. L’activité a été très laborieuse. Avec une mode éthique peu présente à l’époque. 

Il pointe aussi un gros l’un des principale challenge de la mode éthique et responsable: elles se focalisaient que sur la dimension engagée mais pas sur l’image ce qui ne permettait pas de toucher le plus grand nombre.

Au début de son aventure entrepreneur, il a appris sur le tas, fait peu de chiffres d’affaires mais avait cette chance d’être nourrie et loger par ses grands-parents ce qui lui donna le temps d’apprendre.

Tout allait pour le mieux, quand en 2010-2011 ses fournisseurs fermèrent un à un, en ne lui laissant pas d’autre choix que de créer sa propre marque.

1083 est née d’un apprentissage avec comme modèle économique « si je vends pour un jean à 90e il me faut réussir à produire en France pour 30e » 

5 ans d’apprentissage, d’échecs, comme de réussites pour arriver au résultat final, mais il ne se plaint pas, ce ne sont pas des années perdues.

Les jeans 1083 sont en coton bio, entièrement tissés et fabriqués en France. Le fil de coton est teint dans l’une des dernières usines de teinture encore en activité en France à Sevelinges dans la Loire, avec des colorants dont la qualité est prouvée. Les pièces sont ensuite confectionnées à Marseille où on réalise la coupe du denim, la couture des différents éléments, la finition, la pose des boutons et rivets et enfin le repassage.

Il explique que l’apprentissage et l’entreprenariat apportent de la valeur plus forte que celle de l’argent en effet avec 2 millions de chiffres d’affaires, Thomas Huriez ne se rémunère que deux mille euros, le salaire qu’il gagnait en tant qu’informaticien au début de sa carrière. 

Sa vision de l’entreprenariat est avant tout une aventure humaine qui ne doit pas se réaliser par l’argent mais les surprises et les valeurs que l’on porte. 

« Je me rémunère le minimum pour me réaliser avec ma boite l’argent n’est pas à mon profit mais à celui de mes idées » .

Cet objectif de toucher le maximum de personnes possible passe pour lui par le jean qui est en effet le vêtement le plus commun et universel. La marque se décline aussi au travers du prêt-à-porter et accessoires.

1083 c’est la plus grande distance pouvant être faite en France, entre Menton et Brest ce qui renforce le sentiment de proximité.  

Afin d’aller encore plus loin dans la « relookalisation », 1083 propose carrément un jean « 0 km ». Il s’agit en fait d’un jean à fabriquer soi-même grâce à des patrons à télécharger sur le site de la marque. Bientôt, 1083 commercialisera même un kit  « 0 km » avec en plus du patron imprimé, le denim, les boutons et les étiquettes.

Une de leurs forces c’est la transparence leurs prix.

Elle livre même sans rechigner leurs défauts tels que les délais. Mais comme dans tous leurs défauts sont expliqués, la relocalisation en France qui souvent prend du temps est expliqué aux clients qui sont compréhensifs. 

Deuxième grand défaut selon lui: le manque de nouveauté. Le nombre de commandes devenu viral est une priorité car ne voulant pas faire attendre les clients.

1083 à l’ambition de créer plus d’emplois en France, de permettre à plus de marques de faire du made in France et ce en devenant un exemple de cette réussite made in France. C’est le cas, par exemple de la marque Routine fondé par Florian Chosson qui voit Thomas Huriez en devenir associé.

La marque fonctionne aujourd’hui avec son réseau de 27 magasins multi-marques mais pas de magasin 1083 propres.

Cliquer sur l'image pour voir le replay du Quotdien avec Yann Barthès de Thomas Huriez au Salon du Made In France

Cliquer sur l'image pour voir le replay du Quotdien avec Yann Barthès de Thomas Huriez au Salon du Made In France

ITW#9 Elsa fondatrice d’AVLESSI

 

 

 

 

Bonjour peux-tu te présenter, raconter l’idée original en dessous de la marque Avlessi ?

 

Je m’appelle Elsa, j’ai 33 ans. J’ai un parcours plutôt dans la vente, j’ai en ai fait 12 ans, dans des enseignes comme Citadium, j’ai fait huit ans chez Adidas. Je me suis dit que j’avais envie de passer de l’autre côté, de gérer moi-même ma petite affaire. Avant ça je me suis testée sur des postes plus administratifs et je me suis rendu compte que c’était toujours pas ma voie. J’ai toujours aimé quand je partais au Bénin me faire des petites tenus, voir comment apprivoiser le Wax car c’est une matière qui est très compliqué à utiliser malgré que ce soit du coton. C’est assez compliqué à porter, à assembler et le mélange d’imprimés est aussi très compliqué donc je me suis dit pourquoi ne pas créer ma propre ligne. Pour me rassurer j’ai fait une formation courte et à la suite de ça je me suis lancée. J'ai commencé directement à la fin de ma formation au mois de juin et au mois d’octobre j’ai fait mon premier défilé dans un appartement parisien dans le neuvième. J’ai tout pensé d’ A à Z que ça soit la scénographie, le décor, la musique. Sachant que la  musique ce n’est pas quelque chose dans lequel j’excelle, je connais pas trop d’artiste mais j’ai fait en sorte de bien m’entourer. Je me suis entouré de personnes qui étaient bienveillantes, que je ne remercierais jamais assez, ils m’ont vraiment portée à bout de bras, surtout le jour du défilé, mais ça a été une expérience extraordinaire. Je ne me suis jamais dit qu’au bout de 4 mois de travail j’aurais pu faire un tel événement.

Par la suite j’ai commencé à pousser quelques portes à m’intéresser à la vie social là bas. Au tout début je m’étais dit je vais faire mon atelier de couture et je vais leurs donner les moyens d’accéder à des machines qu’ils n’utilisent pas. Pouvoir montrer qu’ils ont les capacités, la technique mais ils leurs manquent vraiment les machines et la prise de conscience sur les finitions. Là-dessus on a vraiment travaillé, ça a été très dur pour eux mais aussi très gratifiant, dans le sens où ils se sont vraiment sentis valorisés. J’ai un chef d’atelier et entre trois et quatre couturiers et couturières, j’ai fait en sorte de les écouter et prendre leurs conseils sur certaines pièces. Quand j’ai commencé à m’apprivoiser les lieux et de voir qu’il y avait plein d’autre choses à faire. Il y a un orphelinat proche de la maison familial où j’ai mon atelier et j’avais envie de leurs donner aussi accès aux techniques pour qu’ils puissent dans l’avenir s'autogérer, réparer les vêtements qu’ils récupèrent ou encore faire leurs propres habits. Mes parents sont à la retraite donc ils ont vraiment le temps de partager leurs savoir, c’est quelque chose qui est super important. Pour le coût Avlessi ce n’est pas qu’une marque, c’est un projet tout entier avec plein de petite chose dedans très différente. C’est ce qui me caractérise, je suis un mélange de plusieurs petites choses, même vestimentairement parlant j’aime bien être un caméléon, ma garde de robe est très éclectique, ça va aller du gros jogging très large aux escarpins très féminin et c’est ce qui me plait.


 

Tu as des origines béninoise, mais pourquoi le Wax et pas un autre tissus ?

J’utilise le Wax pour le  démocratiser, ne plus entendre des réflexions tels que «  ça fait blédard », «c’est informe ». J’ai vécu dans le 91, dans une ville avec peu d’immigrés et à force d’entendre les personnes dirent que les boubous s'étaient informes que ça fait blédard et que l’on ne s’intègre pas avec, j’avais envie d’utiliser ces matières et ces tissus pour montrer que tout le monde peut en porter. Je ne vois pas pourquoi on pourrait mettre des imprimés et pas du Wax, donc c’est vraiment pour pouvoir démocratiser ce tissu ! Il y a certaines personnes qui ne sont pas au courant que de toutes façons le Wax ce n’est pas Africain mais Hollandais. Il y a une image fausse qui a été attribué au Wax, et ce qui fait que certaines personnes se disent «  moi je suis blanche je ne mettrais pas de Wax » . J’adore aussi le mélange de couleurs et de formes et cette possibilité infini de trouver des coloris et modèles différents, je trouvais ça logique et normal de les intégrer dans mes créations.

 

 

Pourquoi as-tu mis en place le sur-mesure, qu’elle était l’envie derrière cette idée ?

Le wax est une matière très dure à porter et on peut aussi ne pas savoir comment l'assortir avec sa garde-robe. En dehors du sur mesure en lui-même c’est un accompagnement, quand je fais mes rendez-vous je donne la possibilité à mes clients de faire avec eux un tri de leurs garde-robes. Voir avec eux les pièces qui pourraient aller le mieux avec mes créations. Le Wax est une matière qui s’intègre facilement avec le reste de sa garde-robe. Il y a aussi cette envie de faire pour tout le monde, j’ai arrêté de m’habiller chez les grands distributeurs parce que justement il y a des problèmes de coupe et de taille. Tout le monde est différent, on a envie de cacher certaines parties, accentuer d’autres car on connaît sa morphologie. Les pièces que j’ai comme le pantalon, qui a nécessité beaucoup de travail surtout pour les courbes et ça me tenait à coeur de faire du sur-mesure dans ce sens là. Trouver le vêtement qui correspond vraiment à la personne qui va me demander des pièces.

 

Comment s’organise l’expansion de ta marque , les moyens misent en oeuvre pour y arrivé ?

Là se trouve le gros du travail! En ce moment j’ai Justine qui est avec moi et qui m’aide énormément là-dessus. Démarcher des gens un peu comme les interviews ne sont pas des sports qui me plaisent mais il faut le faire. La première expo-vente que j’ai faite était à La Rotonde avec Ethipop et c'était la première fois que je montrais un peu mon bébé a tout le monde. J’ai eu deux retours du genre «  le wax ne me va pas », ce n’est pas quelque chose de négatif. C’est normal il y a des gens qui aiment et d’autres non. Je n’ai pas vocation non plus à obliger tout le monde à mettre du wax. Après ce salon j’en ai fait quatre autres, pour l’instant je n’ai pas eu à démarcher ce sont plutôt des personnes qui m’ont démarché sur les réseaux sociaux. Par la suite j’aimerais trouver un moyen de commercialiser en dépôt-vente et boutique fixe mes créations car je suis aussi sur d’autres projets de production donc si je peux déléguer cette partie à une boutique, ce serait plus pratique. Après je continue à avoir des salons, le site internet d’Avlessi et Etsy qui a une bonne visibilité.  

 

Que pouvez vous ressortir de cette expérience dans la création et la gestion d’une nouvelle marque ?

On ne dort pas beaucoup ! Mais en même temps quand on se réveille pour faire ce qu’on aime c’est l’essentiel. Il y a des stress que je me suis mise et que je me mets encore que je ne devrais pas mais en dehors de ça c’est une super expérience. J’encourage toutes les personnes que je connais qui veulent se lancer parce que c’est une expérience magique, c’est pousser c’est limite. On se dit qu’on est au max mais on a toujours des ressources derrière qui nous poussent à continuer, c’est une expérience qui commence et qui n’est pas prête d’être fini.



Aurais-tu des conseils à donner à ceux qui veulent se lancer dans une marque ?

Le plus gros conseil est de s’écouter notamment son corps. Se lancer c’est dur mais dans tous les cas il y a des personnes qui le font, avec plus ou moins de facilité, mais tout le monde peut le faire. Il faut aussi écouter les conseils qu’on nous donne. Au début quand j’ai lancé mon projet, je l’ai fait sans trop écouter ce que l’on me disait, mais c’est important de prendre du recul, ne pas rester la tête dans le guidon, d’avoir une vue d’ensemble. S’entourer est aussi important, mes débuts étaient difficiles parce que je me suis dit que je pouvais y arriver toute seule. Je suis une warrior, je me lance dans le projet j’y vais à fond. Mais il faut avoir du soutien, des personnes qui suivent derrière et ne pas se focaliser au premier échec. Honnêtement  au dernier salon que j’ai fait j’avais de gros doutes, il ne faut pas s’arrêter à ça mais continuer à y aller et se dire qu’il y a des personnes qui aiment. Ces moments de doute où l’on se dit «  ce n’est peut-être pas ma voie » mais il se trouve qu’il va peut-être avoir une cliente sortie de nulle part qui va adorer et adhérer vraiment à ce que je fais et on oublie jusqu’au prochain coup dur. Il faut surtout écouter son corps ne pas se laisser manger par le stress et les idées négatives.

 

Qu’elle sont tes idées pour le développement de ta prochaine collection ?

Si tout va bien la prochaine collection sera différente, pas trop dans la forme mais dans le fond. Je peux pas trop en parler pour l’instant, c’est totalement par superstition je l’avoue. La collection sera toujours homme, femme, enfant et si tout va bien de la layette. C’est vraiment quelque chose qui me tient à coeur. J’adorerais en faire avec des empiècements de wax mais pour cela ce sont des techniques bien particulières, les pressions bien accrochées, de très bonne qualité et surtout que les allergènes soient ok dessus. C’est vraiment un travail à part entière que je veux faire du début à la fin et ça risque de prendre un peu de temps pour la prochaine collection mais j’ai hâte de la présenter.


 

Une actualité à partager ?  

Alors je suis sur un projet à l’étranger, je serais un peu en vadrouille et je partirais avec mes collections sous le bras pour essayer de les proposer à Montréal, à San Francisco et à New York. J’y vais en mode voyage et travail, j’ai envie de voir ce que ça peut donner, comme c’est accueillie là bas. Ce n’est pas du tout la même clientèle, les attentes ne sont pas les mêmes. Je vais voir comment mes créations sont accueillies là bas. Pour New York c’est  une vente privée.   

 

Un mot de la fin ?

Oser et se dépasser,  sont des termes que je garde en tête. Les personnes qui me connaissent ne se seraient jamais dits que je ferais ce genre de chose. Quand j'étais plus jeune j’étais assez timide, parler ou même faire rentrer les gens dans mon univers ne sont pas des choses dont je suis habitué. Mais je pense que quand on a envie de faire quelque chose il faut oser et quand on le fait il faut se dépasser.

http://www.avlessi.com/
 

ITW#7 Rencontre avec Benoît Wojtenka , fondateur de BonneGueule.


 

BonneGueule, c’est deux choses : de la mode masculine, sous un angle différent (avec beaucoup de pédagogie) et des articles de fond qui aident les hommes à tout simplement optimiser leurs budgets et économiser du temps car toutes les marques proposées sont accompagnées d’une description détaillée des produits. Bonne Gueule c’est aussi une marque de vêtements intemporels, faciles à porter et du quotidien. 

 

BonneGueule,  Combien de marques compte cette plate-forme aujourd’hui?

Alors nous sur notre e-shop on ne vend que notre marque, nous ne sommes pas multimarque. On a vraiment notre marque, BonneGueule. De temps en temps on fait des collaborations.

Tu as la partie média qui est classique. Une multitude de marques sont présentées et on ne monétise pas du tout notre audience avec des liens sponsorisés, d'affiliation ou de l’affichage. C’est comme si la marque n’existait pas, c’est d’ailleurs notre règle d’or : ne jamais recommander notre propre marque. Les liens que nous proposons mènent à différents sites internet ainsi, une fois par mois on fait un lancement de produit, ce processus nous permet donc de vendre nos vêtements.

 

De ce que tu peux voir, qu’elles sont les particularités des marques qui fonctionnent aujourd’hui ?  Qu'est-ce qui ressort le plus ? 

En mode masculine en France le marché est plutôt dynamique. Les marques ont un objectif commun de faire moins cher et mieux que tout le monde. Il y a donc des marges qui sont très rognées mais le marketing et l’explication du produit sont beaucoup plus fournis qu’avant. Ce n’est plus « une marque avec une collection entière », mais « j’ai une marque ». C’est limite monoproduit,  ce qui implique très peu   d’items au début. Par contre, chaque produit est expliqué à fond.

 C’est vraiment le changement que j’ai pu voir. Cette volonté de couper les intermédiaires et de ne plus passer par le circuit classique, le Wholesale , c’est terminé.  La pire chose aujourd'hui,  ce serait de lancer une marque de t-shirt imprimé en wholesale parce que c’est un circuit qui commence un peu à  vieillir. Avec le t-shirt imprimé on ne se différencie pas. L’enjeu aujourd’hui pour une marque c’est vraiment d’arriver à communiquer suffisamment la valeur du produit,  d’arriver à éduquer le client . On peut plus sortir une chemise blanche avec trois « bullets points » en disant chemise 100% coton fabriquée au Portugal , matière italienne . Ca,  c’est terminé. On peut plus utiliser ce procédé, ce n’est pas assez différenciant et de nos jours l’homme est en demande. Il veut plus d’explications et plus de transparence ; plus d’honnêteté de la part des marques .

 

 Comment le sais-tu ? c’est plus par rapport à ta communauté ? Aux retours que tu as ? 

Notre community manager travaille juste à côté de moi. Toutes les informations nous sont transmises par les différentes marques.  Je suis tout le temps sur les forums. Je récolte constamment beaucoup   de signaux faibles, je suis un média qui s’appelle Leanluxe, c’est un peu un « Business of Fashion » mais en plus sympa, en plus confié et vraiment centré  sur le nouveau luxe : ce qu’il appelle le MLC Morden luxury company.

 

Tu penses que ça va arriver aussi ici ? 

Mais c’est déjà le cas. Récemment, tu as Asphalte pour homme qui a très bien marché. Ils ont vendu un « pull parfait » 2400 en pré-commandes et la même quantité  pour la vente de leurs chemises en demin japonais. Aujourd’hui à part eux, qui fait ça, en France sur la mode homme ?

Donc oui,  c’est en train de changer. Il y une énorme remise en question, au point de s’interroger sur la nécessité  de multiplier les collections. On est plus du tout dans cette logique là. On prend un produit,  on essaye vraiment d’avoir la valeur ajoutée la plus élevée que possible en l’expliquant à fond et on fait des collections beaucoup plus petites pour pouvoir mieux les expliquer. 

Je ne dis pas qu’ils ont repris notre modèle mais j’ai l’impression que maintenant ils fonctionnent de manière assez similaire à nous,  c’est-a-dire qu’au lieu de lancer en début d’année une collection et de lancer une autre en septembre , c’est tout au long de l’année un ou deux produits par mois. Sezane a poussé le concept encore plus loin par exemple. 

 

Votre modèle est hyper intéressant il est polymorphe dans sa façon de fonctionner et vous avez commencé par le media,   on ne s’attend pas à voir ça , là vous êtes en train de partir à la conquête de la France, peux-tu nous en dire plus?

On a une équipe qui est dédiée uniquement à l’acquisition,  à la croissance web. C’est un peu   quelque chose d’atypique pour une marque. Donc ça c’est la première chose . La deuxième chose c’est qu’on a trois boutiques, une à Paris, une à Bordeaux et une à Lyon parce qu’on s’est tout simplement aperçu que ça reste de la mode et les gens ont besoin de venir toucher,  de venir essayer. Le concept du mec qui va venir faire son shopping en boutique sans qu’il n’y est de stock en faisant tout sur sur iPad,  j’y crois pas. Moi je vais en boutique justement en test je veux mon vêtement de suite je veux repartir avec . On s’est aperçu que c’est ce que les hommes voulaient d’ailleurs. On a une croissance clientèle qui est vraiment soutenue on va dire,  et ça nous prouve qu’on est dans la bonne direction. Le but ce n’est pas d’ouvrir le plus de boutiques possible, cette tendance tuerait la désidérabilité. 

 

  

 

 

Qu’est-ce que votre système d’ambassadeur ? 

Alors, les ambassadeurs ce sont des lecteurs que l’on a recruté, qui ont une partie de la collection chez eux, accueillent d’autres lecteurs BonneGueule et à leur tour portent la collection.

 

Vous allez combiner ça au point de vente ? Cela vient-il en support ou est-ce autre chose ? 

C’est utile,  ça nous permet de voir les villes où il y a une vraie appétence , là-dessus c’est vraiment utile,  en général quand il y a une ville ou un ambassadeur qui marche bien ce sont des signes précieux pour nous. 

 

Ça vous a aidé pour vos ouvertures de boutiques ou c’était des villes que vous jugiez intéressantes pour une implantation ?

C’étaient plus des villes au sein desquelles il y avait du potentiel mais pour les prochaines villes, on pense notamment à Nantes parce qu’on a un ambassadeur qui a bien marché. Ça nous donne une sorte de signal qu’on mixe avec plein d’autres choses.  Ça permet aussi de mieux connaitre les lecteurs, parce qu’entre ceux qui lisent le médias et ceux qui achètent parfois c’est pas tout à fait pareil. On essaye vraiment de les sonder de la manière la moins intrusive possible, d’avoir des remontées, une expérience, la plus personnalisée possible. Essayer d’envoyer le moins de mails possible et mieux anticiper ceux qui en veulent.

 

Justement ne trouves-tu pas qu’on a trop d’informations aujourd’hui ? Vous qui êtes un média,  comment vous gérez cela ? J’essaye toujours de me poser en tant que cliente ou personne qui reçoit l’information on a souvent des temps qui sont limités. 

Bien sûr, et l’une des ressources les plus rares aujourd’hui c’est l’attention des gens. C’est comment faire un article que même les gens quoi qu’ils fassent auront envie de le lire en passant par la pédagogie , la qualité de l’information délivrée , la pointe d’humour ,  l’illustration, ce mix est notre recette secrète.

 

 

 

 

 Oui elle est très secrète,  je n’ai pas de pollution visuelle de BonneGueule  ,  c’est-à-  dire que quand je vais sur mes réseaux sociaux ou autres je n’ai pas l’impression d’être assailli, de voir un petit post sponsorisé , je consulte juste my newsletter et j’y vais quand moi j’en ai envie. 

Oui parce qu’on est dans une logique d’apporter quelque chose au lecteur et pas de lui prendre quelque chose. On ne va pas lui prendre son temps, on ne va pas lui prendre son argent, on veut vraiment lui apporter quelque chose. Quelque chose d’utile , quelque chose parfois de drôle , on veut vraiment le faire voyager. Je veux qu’il apprenne quelque chose chez nous.  Le problème c’est que les gens pensent que ça se fait facilement,  que c’est quelque chose qu’on peut industrialiser mais pas du tout : il faut beaucoup parler avec le cœur, il faut beaucoup s’investir personnellement.

Moi,  l’article dont je suis le plus fier, ma réussite c’est Maharishi , la marque du pantalon que je porte actuellement. L’article m’a pris une vingtaine d’heures à faire . C’est un article pour une collaboration qu’on a fait avec eux sur un pantalon. On a vendu 200 pantalons en moins de 24h. 

 

-  Une autre remontée , j’ai fait une conférence la semaine dernière, c’était sur le bien-vivre ensemble et il n’y avait qu’un seul homme.  C’était dans la semaine de la Fashion Révolution et la première question qu’il ma posé c’est «  ou est-ce-que je peux trouver des vêtements dans lesquels je me sens bien ? » Je lui ai dit BonneGueule mais ça m’a mis la puce à l’oreille , je me dis que nous sommes quand même dans cet écosystème où il y a quelques bons acteurs , des entrepreneurs on se connaît etc... , mais que le client lambda, on ne le touche pas encore forcément et que l’on a pas mal de travail à faire à ce niveau là

Parce qu’il se dit que ce n’est pas pour lui , il ne prend pas la peine de s’y intéresser , il doit avoir des croyances sur la mode masculine qui font qu’il ne nous connait pas encore. C’est exactement ce genre de personne qu’on essaye de capter , c’est un challenge qui n’est pas facile mais bon,  on y travaille.

 

Si tu devais dire à une marque ou à un porteur de projets comment il doit se tester au départ, si tu avais quelques clés ? 

J’étais assez critique avec le crowdfunding mais quand je vois ce qu’a fait Asphalte ça m’a fait revoir mon jugement. Ils ont eu l’intelligence de faire un sondage au début sur le pull , exemple « comment vous aimez votre pull » ; «  qu’est-ce que vous attendez d’un pull ». Pareil pour la chemise en denim et franchement ce qu’ils ont fait en terme de lancement de produit c’était vraiment cool , ils sont rentrés dans le détail et ils ont bien fait. Résultat 2400 chemises vendues en 1 mois ! 

 

Moi qui observe tous ses nouveaux modèles, j’ai observé la même chose chez Pérus, Panafrica,  Laperuque et donc je me dis, première collection, voire deuxième collection puisque dans le cadre de Pérus ce sont leurs baskets faites au Pérou ils sont dans les cinq meilleures levées en montant que j’ai vu sur ces derniers mois et ils ont lancé deux collections comme ça. Vous ne passez pas par le crowdfunding mais vous avez aussi ce système de lancement , est-ce que tu peux en dire deux mots ?

 

Déjà il faut commencer par expliquer le produit, et expliquer le produit c’est le truc que toutes les marques sont persuadées de savoir faire mais elles ne le font pas.

 Elles disent «  ça faut pas dire ça ne va pas faire rêver » « ah non ça ne va pas les intéresser » , expliquer le produit c’est expliquer les coutures,  la matière des boutons , pourquoi ce choix de coupe , pourquoi cette taille de col. On a fait ce produit, il faut en parler.

 Il y a une espèce d’arrogance de la part de certaines marques. Pour expliquer le produit c’est presque du « ah non, nous,  on fait pas ça pour une expérience un univers du rêve,  ça va tout casser » . Si vous n’avez tellement pas confiance en votre produit au point de me dire que si on l’explique ça va baisser la désidérabilité, remettez-vous en question, on marche sur la tête! 

Quand on est une petite marque, je pense que c’est important de faire apparaitre une dimension humaine au projet. C’est notre seul arme, une grosse maison de luxe ne peut pas faire ça,  nous on peut.  La dimension humaine c’est de ne pas hésiter à prendre la parole,  de dire « j’ai fait ci , j’ai fais ça ». Mais oui les clients aiment bien savoir qu’il y a une personne,  un humain dernière la marque. Ça c’est le scoop.

Une petite séquence, une petite newsletter , une à deux fois par mois en disant «  voila j’ai visité tel atelier , regardez,  j’ai ramené ça , là je suis en train de faire ça » limite qu’est-ce que vous en pensez , c’est canon!  Le ton c’est comme si je m’adressais à un pote. Un pote qui voudrait avoir des nouvelles de mon projet , ou à un ami , en disant « j'ai fais ci j'ai fait ça, mes doutes c’est ci,  mes galères c’est ça, mes réussites c’est ça »  créer cette relation, avoir un ton humain ce n’est pas le plus facile mais essayer d’impliquer le client dans la création du produit, la co-création , d’où l’intérêt de ce fameux sondage qu’a fait Asphalte très en amont .Ils ont eu mille ou deux milles réponses et proposé le pull tel que les gens le voulaient. 

 

                               « Les marques ne veulent pas s’adresser directement au client, t’imagines les clients vont leurs répondre : il va falloir faire un dialogue , et ça fait paniquer les marques , je ne sais pas pourquoi ». 

Les purs créateurs de mode raisonnent de cette manière : ne pas vouloir dialoguer avec les clients,  ne surtout pas montrer qu’il y a des humains derrière la barque, de ne surtout pas expliquer le produit et c’est pour ça que je suis parfois assez critique même parfois trop envers les purs créateurs de mode justement qui méprisent les plus petites marques et je cite : « Ont été monté par des jeunes en école de commerce qui ne connaissent rien à la mode ». 

 

Ils connaissent peut-être plus de chose au gens qui aime porter les clients au quotidien?

Le karma a bien fait les choses , c’est souvent ce genre de marques qui sont le plus en difficulté , soit tu es Hedi Slimane ou une marque comme Acronym et tu as une conviction de pratique qui est très forte, parfaitement en adéquation avec le temps et tu es un génie ou soit tu fais preuve d’un peu plus de modestie et tu discutes. Les collections, il faut bien prendre le temps de les expliquer, si possible faire de la co-création, les impliquer. On le fait chez BonneGueule mais de manière beaucoup plus intangible. 

 

Avez- vous déjà des remontées d’information là dessus ?

Oui, nous avons beaucoup de remontées d’info au quotidien, on a un gros fichier Excel qui s’appelle l’Octopus :  c’est une pieuvre qui croise plein de remontées d’infos , les retours par mails , par commentaires , par Facebook , que ça engendre au quotidien et du coup,  on sait plus ou moins ce que les clients veulent.

 

    Je terminerai là- dessus, un mot de fin à ceux qui veulent se lancer ? 

Expliquer le produit, encore et toujours . Je le répéterais tout le temps tant que je verrais que les produits ne sont pas assez expliqués. Je le répéterais tout le temps. C'est fascinant le nombre de prétextes et d’excuses que les marques peuvent inventer pour ne pas le faire,  c’est fascinant. 

  C'est ce que l'on a fait pour l'une de nos collaborations : un cardigan à trois cents euros, donc un certain prix ; trois cents trente , fait sur une petite île de deux cents personnes où le mec emploie vingt personnes soit deux pour-cent de l’ile. 

 On est allé filmer l’île.  Il y a un mec qui m’a dit : « elle est belle a en pleurer votre vidéo » , le fondateur était là, c’était un monsieur assez âgé, mais qui expliquait avec tellement d’authenticité que tout le monde a complètement fondu et c’est ça que les gens veulent de l’authenticité , de la sincérité , tout ce qui est création d’univers artificiel tout ça je n’y crois plus.

Le mot de la fin,  c’est expliquer le produit et je pense qu’on est face à une transition, une vraie transition. Il y a l’ancien monde qui est complètement en train d’imploser , qui est entrain de s’écrouler, payant un peu toutes les années d’arrogance qu’il a pu avoir envers ses clients. Tout ce système est en train de s’écrouler et justement c’est passionnant ce qui est en train de se passer, parce qu’aujourd'hui on ne peut plus faire comme tout le monde et voir comment les marques se différencient , comment elles se réinventent,  je trouve ça cool. Etonnamment j’étais assez critique avec le luxe mais je trouve qu’il ne se laisse pas faire. 

Ils ont compris que pour la génération Y ils n’ont pas le choix de se remettre en question,  soit ils font de l’inattendu parfois limite un peu provocant et embrassent pleinement leurs codes soit ils coulent, je pense. 

 

 Je pense qu’ils vont essayer d’aller un peu plus loin d’embrasser leurs codes et d’arrêter juste d’aller chercher la croissance à l’étranger. 

Ils  sont obligés de se mettre en risque, obliger de se montrer inattendu. Suprême x Louis Vuitton,  pour moi c’est l’illustration la plus parfaite. 

Pour moi, Louis Vuitton x suprême ils ont compris, je n’achèterais pas mais ils ont compris 

 

Moi non plus, là,  mais ils ont touché en plein cœur. 

 Personne ne s’y attendait , très polarisant , c’est exactement ce qu’il fallait , voilà le mot de la fin.

 

https://www.bonnegueule.fr

 

Pebble, le magazine digital conscient

Ethipop traverse la Manche et s’unit avec Pebble Magazine

À la lettre, Pebble c’est un magazine lifestyle durable. C’est une histoire de changement, de renouveau et de partage. Une idée, une envie qui a émergée insensiblement dans l’itinéraire de Georgina Wilson-Powell. 

Rédactrice en chef durant 13 ans entre Londres et Dubai, l’intérêt que porte Georgina envers les démarches alternatives et responsables grandi de jour en jour. Frustrée devant le peu de retombées médiatiques que ces démarches rencontrent, elle souhaite offrir aux acteurs éthiques la couverture dont ils ont besoin pour changer le monde de demain. 

Pebble né de ce constat, de ce désir d’allouer une opportunité supplémentaire à ceux qui participent à l’évolution éco-responsable de nos sociétés. Le magazine est un portail numérique qui recense approches, tentatives et histoires éthiques à travers des thèmes tels que le design, la mode, la nourriture ou le voyage. 

Pebble fait référence aux ondulations qui se dessinent lorsque l’on jette une pierre à l’eau. C’est ce mouvement de propagation que le magazine cherche à insuffler. Avec Pebble mag, les histoires durables trouvent une résonance. « Stories are who we are ». La volonté de Pebble est d’amplifier ces histoires afin que leurs ondes ne s’atténuent jamais.

Ethipop décèle en Pebble cette même envie que « la niche devienne la norme », cette même envie qui s’illustre comme le socle de notre partenariat.

Contact : info@pebblemag.com

 

Juliette Delpech

Les créateurs sont - ils des entrepreneurs ?

2017 est une année pleine de nouveaux challenges pour ETHIPOP. Mon quotidien est principalement rythmé par les créateurs, encore plus qu'en 2016! Leurs créations, leur identité, leur développement, leurs actions pour capter l'attention de la presse, des influenceurs... . Avant tout, ce sont des artisans voire des artistes concentrés sur la réalisation d'un produit de bonne qualité à destination de leur communauté.

Pour nous autres, les "businesswomen ou businessmen", ce qui peut nous sembler évident et couler de source ne l'est pas toujours pour eux . Pour certains, vendre une de leur création peut-être tout aussi douloureux qu'un accouchement. Faire du community management à longueur de journée pour "gagner des likes" les transforme en "geek" éreintés, et la tâche est chronophage. 

 

Dans le cas de la Mode Responsable, on parle souvent d'entrepreneurs sociaux avant de parler de créateurs.  Dans ce cas précis, il s'agit d'entrepreneurs qui cherchent d'abord à résoudre un problème sociétal ou environnemental avant de penser style et mode. La mode devient alors une solution.

 

MAIS ALORS, LES CREATEURS & ARTISTES SONT-ILS DES ENTREPRENEURS?

OUI et NON.

OUI, parce que le créateur en réalisant son produit entreprend. Au démarrage, il n'a pas toujours les fonds nécessaires pour avoir tout de suite une équipe opérationnelle qui peut: vendre à sa place, gérer son site internet, communiquer sur les réseaux sociaux, être présent sur les salons professionnels, nouer des relations avec la blogosphère et la presse. Le créateur fait tout lui même ou avec une toute petit équipe.

NON, parce que le créateur est un artiste, un créatif. Réaliser toutes ces missions peut nuire à sa créativité. Il devient frustré car la création n'est plus sa principale activité, et pourtant il doit la faire vivre  en utilisant la vente, la communication, le marketing, .... La mode n'est pas un art mais un business. La création se rapproche de l'art mais n'a pas complètement les mêmes finalités et fonctions car le vêtement est lui, fonctionnel. Au delà d'être inspirant, il doit être bien fait.

LES ENTREPRENEURS DOIVENT-ILS APPRENDRE A ÊTRE DES CREATIFS?

Là encore, l'hostilité du marché de la création par son niveau de compétitivité ne laisse pas beaucoup le choix. La mode, c'est d'abord du plaisir. Lorsque l'on s'habille, on recherche d'abord la beauté. Cela va plus loin aujourd'hui, on cherche à faire du bien autour de soi lorsque l'on achète un produit. On pense à notre impact. Le plaisir reste à la base de la création. L'émotion qui déclenche l'achat est issue de la dimension créative des produits et de l'histoire racontée.

ET SI L'ON APPRENAIT AUX AMOUREUX DE LA CREATION A ENTREPRENDRE ET CREER LES MARQUES DE DEMAIN?

L'équipe de REZIN et BALTIC sont des passionnés et des entrepreneurs qui apprennent à être des créatifs et ils y parviennent. Pour la marque PANAFRICA, il s'agit d'entrepreneurs sociaux qui veulent faire des produits qui plaisent et qui ont du sens. Julia d' ELI GRITA, c'est une artiste qui donne de l'amour et diffuse son art tout en devant entreprendre... . Chaque marque, chaque créateur est unique.

Lorsque je rencontre un créateur, la manière dont nous allons collaborer commence par l'empathie. Je plonge dans son histoire. Parfois, son quotidien, sa vie. Je me rends compte ensuite si j'ai: un entrepreneur, un créateur, un artisan ou un artiste en face de moi. Souvent,  il cumule les profils. Je pense ensuite à son projet, j'écoute ce qu'il me dit et j'imagine des outils, des actions, des personnes à lui faire rencontrer. 

Chez ETHIPOP, on pense que l'EDUCATION c'est la clef au développement et au succès des marques. Celles qui ne sont pas forcément issues du sérail ou d'une formation dans la mode. Il suffit d'avoir envie de faire plaisir et d'être bien armé, pour créer une marque qui "cartonne". 

C'est la raison pour laquelle en plus de l'accompagnement des créateurs de notre collectif, du réseau que nous leur mettons à disposition, de la visibilité que nous leur donnons, nous voulons leur apporter de l'éducation.

Nous lançons nos workshops dès février 2017. Vous pourrez y rencontrer: journalistes, acheteurs, chefs de produit, agences de communication, influenceurs, financeurs, investisseurs, DA... . Nous offrirons aux créateurs des clefs pour se développer.

Notre ambition, apporter des outils pour développer les marques de demain.

Laura Brown

ITW#6 - Rencontre avec Chere di Boscio, Fondatrice du magazine ELUXE

En 2017, Ethipop s'ouvre à l'international, afin de rencontrer les initiatives positives existant ailleurs dans le monde et les partager avec vous. En recherchant des partenaires pour notre prochain évènement, j'ai eu la chance de rencontrer Chere qui est la Rédactrice en Chef et la Fondatrice du magazine ELUXE. Il s'agit du premier magazine alliant Luxe et Ethique en Europe.

 

"Après de nombreuses années à travailler pour des rédactions dans la mode et le luxe (Stilletto magazine, Prestige International Magazine), j'ai commencé à me sentir de plus en plus mal à l'aise avec une définition du «luxe» qui ne me correspondait plus. Pour moi, cela signifiait toujours quelque chose qui était magnifiquement fabriqué à partir de matériaux nobles, mais il semblait que tout ce que nous donnions à voir dans les magazines était de l'ostentatoire, de l'excessif et du gaspillage." me dit Chere.

Optimiste, Chere rechercha à faire concorder ses convictions et son amour du luxe en se demandant si le luxe durable existait dans la presse.  Après avoir regardé à Paris et à Londres, elle ne trouva aucune rédaction, aucun magazine qui regroupait ces deux notions. Elle créa donc le sien.

 

En 2013, Eluxe est né dans le but de valoriser des marques de luxe qui sont respectueuses de l'environnement, ont une démarche éthique et tendance. Aujourd'hui c'est plus de 35 000 followers sur Facebook et près de 10 000 followers sur Instagram. Le public a clairement suivi son appel pour un Lifestyle Responsable. Sa plateforme présente de petites marques comme de plus établies, pour le plaisir des consomm-acteurs.

Quand on lui demande les projets du magazine pour 2017: "Amplifier la portée d'ELUXE en faisant la promotion du Luxe Responsable  au travers du lancement des Eluxe Awards, et collaborer avec davantage d'acteurs en Europe comme Ethipop!"

 

Laura Brown

La Doublure: détox dressing ou comment donner du génie à notre pendrie

Tout commence par le constat alarmant de l’Hyperconsommation de vêtements, Claire-Léa et Amandine, deux jeunes entrepreneuses se rallient à la cause du «Y’en a marre d’acheter des fringues qui détruisent tout sur leur passage pourêtre jetées au final»

En effet, nous connaissons bien le sujet de l’Industrie la plus polluante au Monde après le pétrole qui utilise 2000 litres d’eau pour un simple T-shirt, polluent 70% des rivièresen Chine pour une production de 80 milliards de vêtements chaque année.

Et tout ça....pour au final les jeter, pour infoen moyenne 12 kilos par an pour les Français !

Oui mais comment on fait quand on en a un placard qui dégorge et que l’on trouve le moyen de dire «J’ai rien à ne me mettre»??

Avec La Doublure «oups stop I didn’t again» c’est terminé!  Elles détiennent un secret et comme elles sont sympas elles vous proposent leur service d’expertes.

Qui sont ces drôles de dames ?

Amandine a un passé de sportive de haut niveau qui lui a donné le goût de l’effort et du challenge perpétuel; Claire-Léa a eu la soif d’entreprendre très tôt, sans doute grâce à sa créativité débordante qu’elle a toujours eu besoin d’exprimer. Elles se rencontrent dans le cadre du travail et décident de créer ensemble La Doublure.

Les présentations sont faites!

Ce duo se complète et décide de s’engager dans une mode plus juste en vous offrant leurs compétences en conseil en image acquises en tant que personal shopper .

Premièrement, elles vous informent et vous ne pourrez pas nier que dans chaque dressing, 70% des vêtements sont inexploités, ce qui représente plus de 450€.  Vous serez d’accord pour lutter contre l’hyperconsommation puisque c’est bon pour la planète et pour votre porte monnaie!

Leur mode opératoire : 

Telles des fées du dressing, elles s’y immiscent et réalisent dans un premier temps un état des lieux ! Dans un deuxième temps, vient l’analyse de vos vêtements, elles font un constat entre ce que vous portez et ce que vous avez délaissé parce que jugés démodés, « trop vus »…Une méthode qui permet de définir votre style.

 Vos vêtements en disent long sur votre personnalité, votre style est cerné et votre dressing peut être enfin détoxé. 

Elles se chargent de tout et se proposent de récupérer les vêtements dont vous souhaitez réellement vous séparer. Il y a  deux possibilités :  les plus abîmés sont donnés à une association choisie par leurs soins, ou bien elles leur donnent une deuxième chance lors de vides-dressings collaboratifs qu’elles organisent.

Etape détox et B.A. OK, place désormais au relooking de votre tenues.

Cette chemise à fleurs, cette veste à carreaux, cette tunique héritée de grand maman que vous adorez, mais ne savez pas avec quoi l’assortir…Claire-Léa et Amandine feront des propositions auxquelles vous n’auriez pas pensé. Pas d’inquiétude, elles sont expertes (et surtout…elles ont analysé vos goûts et vos couleurs) et vous, vous avez trop le nez dedans pour y voir clair !

L’opération se répète jusqu’à obtenir une multitude de silhouettes pour créer un dressing riche et varié ! Coup de baguette magique, vous n’avez rien achetez et déjà plein de nouvelles tenues. Comme quoi le savoir-faire et la créativité sont des atouts de taille pour lutter contre l’hyperconsommation. Ce duo de choc l’a bien compris et nous en fait la démonstration. 

Mais ce n’est pas tout, le travail se fait sur le long terme : elles photographient chaque look retravaillé ensemble, donnant ainsi naissance à un carnet d’inspirations afin d’éviter les pannes (sait-on jamais...)

On dirait que c’est le moment de se jeter sur l’opportunité, un service d’expertes adapté à vos besoins qui débarrasse votre dressing des indésirables, vous compose des tenues stytlées, et évite les achats compulsifs et l’hyperconsommation dans le temps, chapeau bas La Doublure !

Nous on salue l’initiative, et vous , vous voulez certainement leur contact ? C’est par ici !

 

 

 

SuperGreen Heroes: more than a brand or a sales platform, a MOVEMENT

Many people have difficulties understanding where we are heading right now. Before being my partner, Anaïs, stylist of Les Récupérables and artistic director of Ethipop, was my friend. She is my friend. We share strong values regarding the fashion industry and life in general. We have thought of who we were and what we wanted to do before launching a brand or starting an ethical fashion community.

Les Récupérables or Ethipop are channels to spread our messages and apply our vision: ethical fashion is fashion, the niche can become the norm if we work hard enough to push it through. We realized that what we are doing was bigger than us, more valuable than a brand or a shop or events, or pop-up stores: we are starting a movement that is part of the Fashion Revolution, to build our french point of view and have a say on the European Fashion Ethical Scene. This movement is called SuperGreen Heroes.

Why?

Counscious that alone it is difficult to set up a change, we are building a community where AESTETICS is as important as ETHICS because if it is about people, pleasure and positivity and that clothes are not only practical, they also have to make you look and feels good. We are certainly quite radical on this point as we are practical women who like style and won't make people suffer to wear a nice dress because it is possible to do so in 2016.

Transparency is key and it is something we need to improve. We need to be a voice and not just a platform. We have to inform people about the pieces, products they are buying or wearing, hand in hand with designers. I have worked in retail for many years before launching Ethipop, this is something that we are not use to encounter except if you look at the food or cosmetics industry, more advanced on that sense (ex. La vie Claire or The Body Shop when Anita Roddick was still at the governance).

The triangle we have at heart is: people, society and environment. And the designers we are working with are struggling to do their best around this 3 key elements. We are aware that they cannot do this at once but we will support them as we are pushing ourselves to bring the best of each direction we sustain such as: local or international know how, environment, natural and bio fibers, humanitarian causes, social impact. No one is perfect and all directions cannot be tackled at once. But after several years, brands like Pachacuti have shown us that it is possible to have it all, it just takes time and willingness.

 

Our vision of retail

Since our first pop-up store, and while working on our brand selection, we've been thinking of how to innovate regarding retail in order to build tomorrow's shopping experience.

One where the people, the clients are in the center of everything: the way the place is invested with our values, how people will feel when enjoying the ethipop experience through their senses as well as regarding the brands' selection or our home brand Les Récupérables. 

Our manifesto is simple and buit around 3 pillars: ethics, quality and open-mindness. Each time we organise a pop-up store or when we think of our ideal Ethipop store, we want these 3 dimensions to be present:

Ethics by supporting and developing designers' actions, as they contribute positively to the economical, ecological and social development of the fashion industry

Quality : bringing together partners with a common vision regarding traceability, creativity and human relationships.

Open-mindedness : creating alternative stores where responsible and ethical consumption is made accessible to a everyone .

We are already thinking about logistics, how to touch people elsewhere in the world since day 1, how to make sure we build the right path for emergent designers as well as more established brands with different needs.

We sometimes describe ourselves as Fashion Hackers: we are not starting a revolution because it has started before us but we will use the fashion system, and do our best to innovate to make sure our designers' community "has a seat at the table" and a say on how fashion will be tomorrow.